La Loi portant révision de la Constitution, votée le 29 juin dénier par l’assemblée nationale du Sénégal ‘, est loin de mettre un terme à l’opposition entre l’exécutif et le législatif. Après les rejets des amendements proposés par son ministre de la Justice, Diomaye Faye saisit le Conseil Constitutionel pour » inconstitutionnalité de la procedure ».
Par le biais de son avocat, maître Amadou Ndiaye, le président sénégalais a décidé d’attaquer la Loi votée par l’assemblée nationale portant sur la révision de la Constitution. Ne pouvant attaquer la Loi sur le fond comme sur la forme, le Chef de l’État sénégalais a choisi de s’appuyer sur la procédure qui lui semble être inconstitutionnelle. Il s’est notamment inspiré sur la durée et sur le discours du président de l’assemblée nationale, lesquels de son avis, ont violé l’esprit de la Constitution. Diomaye Faye est allé jusqu’à dépoussiérer une jurisprudence datant d’avant l’indépendance du Sénégal pour tenter d’appuyer sa ligne de défense.
Mais aussitôt, la saisine du Conseil Constitutionel par le président rendue publique, les députés de Pastef, majorité parlementaire, ont contre-attaqué le recours du président. Pour ces élus du peuple, à la tête desquels Ayib Daffe, président du groupe parlementaire Pastef, le locataire du Palais de la République fait dans le dilatoire. » Le vote à la majorité qualifiée de la Loi vaut approbation et la procédure a été respectée du début jusqu’a la fin », soutiennent-ils.
Dans un premier temps, le président sénégalais avait opté pour la question au peuple, cad la voie référendaire. Mais Daouda Djigal analyste politique soutient :’ ‘ Si Le président se rabat sur le recours, c’est parce qu’ il sait qu’il courait le risque d’un désaveu du peuple ». Poursuivant son argumentaire, il enfonce :’ ‘ Si la question devrait passer par le référendum, la réponse allait être catastrophique pour le président qui, de plus en plus, devient impopulaire du fait de ses nombreux reniements par rapport aux promesses faites aux sénégalais pendant la campagnes présidentielle de 2024’n. Du coup, ne voulant prendre aucun risque, Diomaye Faye a choisi le raccourci d’une décision des juges constitutionnels. Cette démarche portera-t-elle face aux arguments massifs des députés auteurs de la Loi? L’avenir, mais très proche, nous le dira !
Mohamed Mboyo Ey’ekula